texte du jour du livret "Carême à l'école des saints en famille" du Père Max Huot de Longchamp à retrouver chaque jour sur Paroisse et Famille.

"Il faut te mettre en prière avec l’intention de vouloir la volonté de Dieu, et non la tienne, tant pour demander que pour recevoir ce que tu auras demandé. Autrement dit, tu dois prier parce que Dieu le veut, et tu dois désirer être exaucé parce que lui encore le veut ainsi. Bref ; ton intention doit être d’unir ta volonté à la sienne, et non d’abaisser la volonté de Dieu à la tienne. 
Et cela parce que ta volonté est infectée et gâtée d’amour-propre, si bien qu’elle se trompe souvent et ne sait pas ce qu’elle demande, tandis que la volonté divine est toujours porteuse d’une bonté ineffable et ne se trompe jamais. De là vient qu’elle règle et domine toutes les autres volontés, qu’elle mérite et veut que toutes la suivent et lui obéissent. 
Aussi ne faut-il jamais demander que des choses conformes au bon plaisir divin, et si tu as un doute à cet égard, ne demande une chose qu’à condition de ne la vouloir que si le Seigneur veut que tu l’aies. Quant à ce que tu sais certainement devoir lui plaire, comme par exemple les vertus, demande-les plus pour le satisfaire et le servir, que pour toute autre raison ou considération, même spirituelle."

Laurenzo Scupoli (1530-1610), Le Combat spirituel, chap. 44

MÉDITER :

Dieu nous aime plus que nous ne nous aimons nous-mêmes, Dieu ne peut vouloir que notre bonheur, Dieu sait mieux que nous ce qui peut nous rendre heureux… Alors, pourquoi le prier ? Pour entrer dans cette volonté, non pas pour la changer. 
Depuis le péché originel, notre volonté est infectée et gâtée d’amour-propre : voilà pourquoi il nous faut réapprendre patiemment à vouloir ce que Dieu veut. C’est tout l’enjeu d’une vie de prière. Il s’agit de lâcher peu à peu notre façon de voir et de vouloir en prenant toujours mieux conscience de la bonté absolue et universelle de Dieu ; et sans avoir à lutter contre nous-mêmes, nous découvrirons que la volonté divine est toujours porteuse d’une bonté ineffable et ne se trompe jamais, même quand la part « animale » (voir hier) de nous-mêmes se rebelle. 
Il n’est pas interdit d’indiquer à Dieu nos désirs particuliers, car tout ce qui nous intéresse l’intéresse, mais à cette condition que sa volonté soit de toute façon préférée à la nôtre. Et nous pouvons alors être certains qu’il nous donnera le moment venu la grâce de vivre cette volonté avec bonheur, sinon avec plaisir.

VIVRE LE MYSTÈRE :

Il y a certainement des choses que je préfèrerais éviter, et dont je sais pourtant qu’elles sont voulues par Dieu : tel rendez-vous désagréable, tel problème de santé, etc. Dans ma prière d’aujourd’hui, je m’engage calmement devant lui à faire ce qu’il attend de moi dans l’une de ces situations que je voudrais fuir.

L'Auteur :

Scupoli (Laurent, 1530-1610) 
Né à Otrante, Scupoli entre en 1569 à Naples dans la jeune famille sacerdotale des Théatins. Accusé, sans doute à tort, d’un grave délit en 1585, il fut en disgrâce parmi les siens, jusqu’à sa réhabilitation au soir d’une vie dont on ne connaît guère que l’humilité et la discrétion. François de Sales le vénérait comme l’un de ses maîtres.